top of page

ANNE PONTY

f125693904 (1)_edited.jpg

Créatrice du podcast Le Chantier

​​​“La liberté a toujours été mon moteur."

32_edited.jpg

Fanny
Cohen MOREAU

« Je crois que la clé, c'est de rester curieuse et de me mettre à la place de quelqu'un qui découvre le sujet »

L'INTERVIEW

Depuis 2017, Fanny Cohen Moreau nous fait voyager dans le temps avec Passion Médiévistes. Ce qui était un projet personnel est devenu, au fil des années, un véritable écosystème éditorial, décliné à l'Antiquité et à l'époque moderne. Avec des partenariats avec des institutions culturelles et une communauté fidèle, elle a réussi à faire d'un sujet de niche une aventure entrepreneuriale durable. Rencontre avec une podcasteuse indépendante qui cultive sa singularité, loin de la course aux chiffres et aux tendances.

​

Tu viens de la radio. Comment es-tu arrivée au podcast ?
J'ai d'abord étudié l'histoire, puis le journalisme, avant de travailler dans plusieurs radios nationales, notamment à France Inter, en production d'émissions. C'est là que j'ai appris les bases du métier : préparer une interview, enregistrer, monter, construire une émission. Quand j'ai eu envie de lancer mon propre podcast, je savais déjà comment produire un contenu audio. C'était un vrai avantage, parce que je pouvais me concentrer sur ce que j'avais envie de raconter.
 

 

Passion Médiévistes est né en 2017. Pourquoi avoir choisi de parler du Moyen Âge ?
Tout est parti d'un tweet ! Une personne évoquait les difficultés de la vie de médiéviste et cela m'a donné une idée : pourquoi ne pas créer un podcast pour donner la parole à de jeunes chercheurs et chercheuses qui travaillent sur cette période ?
À l'époque, il n'existait pas vraiment de format équivalent. J'avais envie de rendre leurs recherches accessibles, de montrer que le Moyen Âge ne se résume pas aux chevaliers, aux châteaux forts et aux idées reçues.
J'ai commencé assez simplement, avec un épisode d'une quinzaine de minutes par mois, hébergé sur SoundCloud. Petit à petit, le public s'est élargi.

​

 

Aujourd'hui, tu parles aussi d'Antiquité et d'époque moderne. Comment fais-tu pour rendre passionnants des sujets parfois très pointus ?
Je crois que la clé, c'est de rester curieuse et de me mettre à la place de quelqu'un qui découvre le sujet. Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, je ne lis pas des dizaines de livres avant chaque interview. Je prépare évidemment le contexte, les repères historiques et géographiques, mais je veux garder une forme de spontanéité dans mes questions.
Ce sont mes invités qui apportent leur expertise. Mon rôle, c'est de faire le lien avec les auditeurs, de poser toutes les questions qu'ils pourraient se poser. Et puis, il n'y a pas de petit sujet ! J'ai par exemple consacré un épisode aux escargots au Moyen Âge. Cela peut sembler anecdotique, mais c'est une formidable porte d'entrée pour parler de pratiques alimentaires, de société et de culture et surtout cela donne à entendre aux auditeurs quelque chose qu’ils ne retrouvent pas ailleurs. 
​

Tu as réussi à transformer cette passion en activité professionnelle. Comment s'est construit ton modèle économique ?
Très progressivement ! Au départ, je faisais tout bénévolement. En 2017, j'ai bénéficié d'un échange de visibilité avec Binge Audio, qui m'a permis de toucher de nouveaux auditeurs. Fin 2018, j'ai lancé un financement participatif pour couvrir les frais de production, notamment la rémunération des artistes qui réalisent les illustrations des épisodes. Puis, en 2020, j'ai commencé à travailler en freelance dans la production de podcasts, en parallèle de mes propres créations.
Aujourd'hui, mon activité repose sur plusieurs sources de revenus : le soutien des auditeurs sur Patreon, les partenariats avec les institutions culturelles, les formations et les événements publics.
C'est cet équilibre qui me permet de continuer à produire mes podcasts en toute indépendance. Il faut aussi accepter que tout cela prenne du temps. On ne construit pas un modèle économique du jour au lendemain.

​

Les musées et les institutions culturelles viennent désormais te chercher. Qu'est-ce qui les intéresse dans ton podcast ?
À partir de 2022, j'ai commencé à être davantage sollicitée par des musées et des institutions culturelles qui souhaitaient toucher un public différent, notamment les jeunes actifs. C'est intéressant parce que mon podcast leur permet d'aborder leurs collections, leurs expositions ou leurs sujets de recherche autrement. Les collaborations peuvent prendre plusieurs formes. Ce qui compte pour moi, c'est que le partenariat ait du sens éditorialement et que je puisse conserver ma liberté de ton.

​

Ton podcast aura bientôt 10 ans, quel est ton regard sur tout ça ?
Tant que je peux vivre de cette passion, je n'arrête pas. C’est une chance je le sais. 
Pour les neuf ans de Passion Médiévistes, nous avons réuni environ 300 personnes à la Bellevilloise à Paris. Voir autant de gens se déplacer pour un podcast d'histoire, c'est assez incroyable. Ce sont ces moments-là qui donnent une vraie dimension au projet. 

Et quand tu ne produis pas de podcasts, qu'est-ce que tu écoutes ?
J'écoute surtout des podcasts qui me divertissent ! Comme je passe déjà beaucoup de temps à travailler sur des contenus audio, je n'ai pas forcément envie d'écouter des sujets professionnels ou des thématiques trop lourdes pendant mon temps libre.
J'aime les émissions décalées, les conversations qui me font rire, les univers un peu absurdes. Par exemple Binous USA ou Absolument Fabuleuses.J'ai besoin que l'écoute reste aussi un moment de détente, de surprise et de plaisir.

​

Tu nous partages quelque chose de toi que l’on ne connaît pas ?
Oui, et cela prend pas mal de place dans ma vie ! Je regarde environ cinq à six heures de catch par semaine.
J'ai même un autre podcast, Catch à deux, que je coanime. C'est un univers très différent de l'histoire médiévale, mais que j'aime énormément. Et surtout, c'est un espace de plaisir, sans la pression de devoir en faire une activité professionnelle. Tout n'a pas besoin de devenir un business !

​

Pour finir, quel conseil donnerais-tu à celles qui souhaitent se lancer ?

De penser sur le long terme. On peut avoir une très bonne idée, mais il faut accepter que le public mette du temps à arriver. La régularité est fondamentale. Il faut se fixer un rythme réaliste et s'y tenir. Je conseille même d'avoir plusieurs mois d'épisodes d'avance avant de lancer son podcast, idéalement six mois. Et puis, il faut s'entourer. Les réseaux professionnels et les communautés d'entraide sont précieux pour échanger, progresser et trouver des opportunités. Mais je crois davantage aux relations qui se construisent naturellement qu'au démarchage permanent. Un podcast, ce n'est pas seulement un lancement. C'est tout ce qu'on construit après.

Les évents à venir Passions Médiévistes
 

WOMEN & PODCASTS
Contactez-nous : hello@women-podcasts.com


Nos partenaires
 

SUIVEZ-NOUS SUR:
 

  • Instagram
  • LinkedIn
bottom of page