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ANNE PONTY

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Créatrice du podcast Le Chantier

“La liberté a toujours été mon moteur."

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MARIE CHARLOTTE 
DANCHIN

« Se reconnecter à son pourquoi, donner de la valeur à son contenu nous aide à tenir. »

L'INTERVIEW

Quand vous rencontrez Marie-Charlotte Danchin, productrice et host du podcast Crush, elle vous insuffle instantanément une énergie qui donne envie d’y croire encore. Croire en l’amour, croire en son podcast, croire en la puissance des rencontres. On a eu la chance d’échanger avec cette passionnée, ancienne professionnelle de l’événementiel devenue podcasteuse. Marie-Charlotte se réinvente encore aujourd’hui ; elle proposera bientôt une version live de son podcast (la première édition se tiendra le 19 mai). Une manière de se rencontrer, de recréer du lien.

 

Tu demandes à tes invité.e.s de se présenter avec des hashtags, à mon tour de te retourner la question : quels sont ceux qui te définissent le mieux aujourd’hui ?
Je dirais “cynico-romantique”. J’ai grandi avec une vision abîmée de l’amour, à cause du divorce très difficile de mes parents quand j’avais huit ans. Ça m’a laissée sans repères, j’ai beaucoup souffert dans mes premières années de vie amoureuse. Mais malgré tout j’ai été biberonné aux comédies romantiques, aux séries, aux romans, au coup de foudre au premier regard, au grand amour. Aujourd’hui, je navigue entre ces deux visions. Je dirais aussi rebelle en tutu : grande gueule, mais fleur bleue. Optimiste, parce que je crois profondément en l’avenir. Et curieuse, parce que pour moi c’est la qualité essentielle pour être heureux.

 

D’où viens-tu ?
J’ai grandi à Saint-Denis, dans le 93, dans une famille aimante, des parents enseignants mais avec des dysfonctionnements forts. Beaucoup d’insécurité émotionnelle. J’étais dans des écoles très mixtes culturellement. Très tôt il fallait apprendre à prendre sa place. Ça m’a forgé. 

 

Quel est ton parcours ?
Après le collège, j’intègre un lycée parisien. Et là, grosse claque : perte de confiance, sentiment de déclassement. Je pars ensuite en LEA à la Sorbonne, avec un Erasmus en Espagne — un tournant. Je deviens bilingue, et je développe une vraie passion pour la culture latino. Et puis je tombe un peu par hasard dans l’événementiel. J’y reste 15 ans. J’ai adoré ce métier intense, concret, où il faut constamment improviser, trouver des solutions. Après la naissance de mes deux enfants, tout s’accélère. Je quitte mon job en 2019. Je lance une première entreprise, qui s'appelait Touché Collé, de la papeterie personnalisée, puis j’arrête pour me tourner vers le podcast.

Comment est né Crush ?
L’idée de Crush vient d’une question que je posais toujours en soirée : « Comment vous êtes-vous rencontrés ? » C’est une question simple mais qui ouvre des récits incroyables. Un soir, après le Covid, j’ai dit : “Je vais en faire un podcast.” Je suis partie de zéro : zéro audience, zéro expérience, zéro matériel. Ça a pris rapidement. Très vite, j’ai pensé Crush comme une marque (plateforme de marque, proposition de valeur, cible…). Ce qui m’a portée c’est mon pourquoi. Chez moi il est très intime. Je me suis toujours posé cette question « Qu'est-ce qui m'attire chez ce mec ? ». Mon papa est chercheur au CNRS en biologie comportementale. Et quand je rencontrais un mec, j'avais la tête de mon père qui me disait « tu le choisis parce qu’il a la mâchoire carrée ; parce qu’il joue de la guitare, ça te rappelle tes ancêtres », etc.

 

Crush est né de cette quête : Pourquoi on tombe amoureux de telle personne ?Comment tu fais pour accueillir l’intime, la vulnérabilité de tes invité.e.s ?
J’ai toujours eu une conviction : laisser la place à l’autre. Ne pas lui couper la parole, comprendre son cheminement, quelle personne elle était avant la rencontre, quelle personne elle est aujourd’hui. J’essaie d’être dans une écoute active. Ce n’est pas évident, surtout au début mais je gardais cette posture en tête. Crush est devenu un espace refuge, un espace de confiance. Les gens me racontent des histoires très intimes, parfois douloureuses. Cette confiance me surprend encore aujourd’hui.

Tu te réinventes sans cesse, avec maintenant un projet événementiel ?
Oui, après 150 épisodes, j’ai eu envie d’aller plus loin. J’ai lancé un nouveau format (“C’est quoi l’amour ?”) : des conversations avec des experts qui décryptent les dynamiques amoureuses. Et puis j’ai remarqué que les messages que je recevais de mes auditeurs, mes auditrices surtout avaient changé. Avant les retours disaient « ces histoires me donnent l’espoir ». Aujourd’hui, j’entends une lassitude, une colère “Dans la vraie vie, cet amour n’existe pas.” Il y a une fatigue émotionnelle, une saturation digitale. Alors j’ai voulu créer du lien. Sortir des écrans. Revenir au vivant. L’événement du 19 mai a été organisé dans l’urgence, l’urgence de se rencontrer. L’idée c’est d’avoir un temps pour comprendre avec des experts, des témoins, et un temps pour échanger. Et surtout insuffler un élan, cette envie d'y croire encore. 

Le réseau W&P propose aussi de recréer du lien, de maintenir cet élan des femmes dans le podcast. Que t’apporte ce réseau ? 
C'est vrai que dans les évènements W&P tout de suite tu te reconnectes à d'autres podcatseuses qui ont les mêmes problématiques. Tu découvres des projets hyper intéressants, c’est toujours inspirant quel que soit le sujet, la façon de s'y prendre, la vision, le modèle économique, la posture. Je trouve ça très vertueux, et ça aide dans les périodes où on souffre de la solitude.

Il y a-t-il un détail sur toi que peu de personnes connaissent ?
Je pleure devant tous les films. 

Tu as des coups de cœurs, inspirations à nous partager ?
Pleins !Podcasts Nouvelles Héroïnes » de Céline Steyer, tout le temps dans les oreilles de mes enfants et « Qu'est-ce qui pourrait sauver l'amour ? » par Ovidie pour LSD.Séries« Los anos nuevos », pour avoir si bien sublimé l’ordinaire, et pour la structure narrative que je trouve d’une efficacité redoutable.« Heated Rivalry », parce que je n’avais jamais pleuré devant une scène de c*l et que ça m’est arrivé avec une scène gay. La vie est fantastique 😁Films« La venue de l'avenir », de Cédric Klapisch, parce que j'adore le procédé narratif de se replonger dans un temps passé à travers des lettres trouvées dans les vieilles maisons.Et « L'épreuve du feu » d'Aurélien Peyre, j'ai été très touchée par le personnage du garçon.Essais :
« Nos puissantes amitiés » d’Alice Raybaud, un indispensable pour comprendre les contours des relations modernes« Ils vécurent heureux… et prirent un compte commun », de Marie-Lahya Simon, parce que ce livre a fait sauter beaucoup de blocages dans mon couple
Romans« Où es-tu, monde admirable » de Sally Rooney, une de mes autrices préférées, on reconnait son style parmi mille, je trouve ça fascinant.
Et « Long Island », de Colm Toibin, parce que je l’ai dévoré et que j’ai encore des images mentales en tête.

Que dirais-tu à quelqu’un qui n’y crois plus, en amour, en son podcast ?
Pour l’amour, il faut écouter Crush (sourire). Je ne suis pas coach, psychologue par contre j'ai un conseil, « Lâchez-vous la grappe. Arrêtez de sur-analyser. Reconnectez-vous à votre élan.» Et pour votre podcast : trouvez votre why. C’est lui qui vous fera tenir. Et surtout comportez-vous comme une badass. C’est ce que j’essaie de faire tous les jours. Je suis convaincue que le mindset peut tout changer.

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